mardi 5 octobre 2021

Les Vilaines

J'avais repéré ce livre lors d'une masse critique de Babelio mais je n'ai pas été sélectionnée pour le recevoir. Aussi, quand je l'ai aperçu en tête de rayon à la bibliothèque, je n'ai pas hésité. Voici donc Les Vilaines, de Camilla Sosa Villada, paru en janvier 2021 aux Editions Métailier.


La Tante Encarna porte tout son poids sur ses talons aiguilles au cours des nuits de la zone rouge du parc Sarmiento, à Córdoba, en Argentine. La Tante – gourou, mère protectrice avec des seins gonflés d’huile de moteur d’avion – partage sa vie avec d’autres membres de la communauté trans, sa sororité d’orphelines, résistant aux bottes des flics et des clients, entre échanges sur les derniers feuilletons télé brésiliens, les rêves inavouables, amour, humour et aussi des souvenirs qui rentrent tous dans un petit sac à main en plastique bon marché.
Une nuit, entre branches sèches et roseaux épineux, elles trouvent un bébé abandonné qu’elles adoptent clandestinement. Elles l’appelleront Éclat des Yeux.

Premier roman fulgurant, sans misérabilisme, sans auto-compassion, Les Vilaines raconte la fureur et la fête d’être trans. Avec un langage qui est mémoire, invention, tendresse et sang, ce livre est un conte de fées et de terreur, un portrait de groupe, une relecture de la littérature fantastique, un manifeste explosif qui nous fait ressentir la douleur et la force de survie d’un groupe de femmes qui auraient voulu devenir reines mais ont souvent fini dans un fossé. Un texte qu’on souhaite faire lire au monde entier qui nous rappelle que « ce que la nature ne te donne pas, l’enfer te le prête ».

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Entre réalité et fiction, autobiographie et fantastique, Les Vilaines nous entraine dans le quotidien d'un groupe de trans en Argentine. A travers le regard de Camila, on découvre leurs joies parfois, leurs peines souvent, mais aussi leur énergie hors du commun malgré les épreuves et leur sororité.

Nous suivons la vie de ce groupe de femmes trans, prostituées par nécessité pour la plupart, affrontant chacune à sa manière l'adversité et la violence de la société à leur égard. C'est que la vie ne leur a pas fait de cadeau, à part peut-être cet enfant, abandonné dans un parc. Au gré des chapitres, nous découvrons le passé de Camila, sa famille et les relations plus que difficiles qu'elle a avec ses parents qui ne l'acceptent pas telle qu'elle est. Alternant avec l'avancée de la trame principale, les portraits des membres du groupe viennent enrichir le récit et nous montrer les multiples facettes de leurs vies.

Le style, à la fois réaliste et incisif, nous dévoile également toute la tendresse de l'autrice pour ses personnages. Un roman dur mais riche, dont on ne peut sortir indifférente.

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