lundi 1 février 2016

Février: Cowboys et/ou Indiens. Pour les cowboys, ça peut être des temps modernes avec de belles santiags.

Pour ce thème, mon choix s'est porté sur Brokeback Mountain d'Annie Proulx, nouvelle parue en 1997 dans le New Yorker (2001 pour la traduction française dans le recueil Les Pieds dans la boue, éditions Payot, rééditée seule en 2006 chez Grasset).


Brokeback Mountain: un bout de terre sauvage, hors du temps, dans les plaines du Wyoming. Ennis del Mar et Jack Twist, cow-boys, nomades du désert américain, saisonniers des ranchs, n'ont pas vingt ans. Ils se croisent le temps d'un été. La rencontre est fulgurante. Ni le temps, ni l'espace, ni les non-dits, ni la société n'auront raison de cet amour - que seule brisera la mort.

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Alors, par où commencer? Par le film peut-être. Je l'ai vu plusieurs fois, j'ai adoré (et j'ai pleuré comme une madeleine). Aussi étais-je curieuse de découvrir le livre qui en était à l'origine. On est souvent déçu quand on se rend compte que certains passages d'un livre ont été escamotés dans le film ou à l'inverse heureux de découvrir des détails supplémentaires au long des pages. Tout dépend si l'on commence par le livre ou le film.
Ici la situation est tout autre puisqu'il s'agit d'une nouvelle. J'ai été surprise par la brièveté du récit., je l'ai lu d'une traite. Mais pourtant tout y est: ces deux jeunes hommes, pauvres, errant d'un job minable à un autre, coincés dans une vie formatée qui ne leur convient pas mais dont ils sont pourtant incapables de sortir. Et la vie n'est pas tendre avec eux, elle ne leur a pas fait de cadeau et ne leur en fera pas. Sauf peut-être cet amour qui les unit, seul point fixe dans leur quotidien misérable. On peut les aimer, les détester, leur reprocher les choix qu'ils ont faits ou au contraire ceux qu'ils n'ont pas faits, mais en tout cas, on ne peut pas rester indifférent. On souffre avec eux. J'ai souffert avec eux.
L'histoire a été étoffée dans le film, notamment du côté de Jack Twist, le récit initial se déroulant du point de vue d'Ennis. Le texte est rude, abrupt, sans chichis, presque sans émotion. J'avoue avoir préféré le film qui a su faire ressortir toutes ces émotions contenues, qui a sublimé cet amour secret, interdit mais si beau.
Mais peut-être la nouvelle est-elle à l'image de ses personnages: sobre, sans artifice, dans le vrai tout simplement.

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