samedi 4 juin 2016

Mai: Pompiers ou Bikers. Joker: n'importe quels mecs en uniforme, miam!

Ce mois-ci, j'ai joué mon joker parce les pompiers ou les bikers, non merci. Ce sera donc un policier pour moi ou plus précisément, un agent secret. Voici donc R.O.S.E.: L'embaumeur de Montmartre de Fleur Hana, paru en 2014 aux éditions Sharon Kena.



A son arrivée à Paris pour résoudre une affaire de meurtre, lord Spencer Fitzwilliam, agent spécial de ROSE, s'imaginait expédier cette corvée en deux temps trois mouvements. C'était sans compter la journaliste Rosaline Leprince et son engin diabolique, plus communément appelé bicyclette. Ce qui aurait dû être une mission en solo devint le pire cauchemar de l'Anglais. Il en serait venu à se demander si un tête-à-tête avec le tueur en série n'aurait pas mieux valu que la compagnie de la Parisienne excentrique...

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Si lord Spencer Fitzwilliam (mais qu'est-ce que c'est que ce nom?) ne porte pas d'uniforme de policier, il arbore en revanche celui du parfait gentleman. Toujours tiré à quatre épingles, avec chapeau, canne et épingle à cravate, il est l'image même que l'on se fait du lord anglais bien élevé, guindé, un peu trop même. Habitué à son laboratoire, ce n'est pas vraiment un agent de terrain. Alors se retrouver à enquêter au Moulin Rouge, dans cette ville de débauche qu'est Paris pour lui, ne l'enchante pas le moins du monde. Mais il n'a pas le choix en tant qu'agent de l'agence très secrète ROSE dirigée par sa mère. Muni de tous ses gadgets, c'est une sorte de James Bond du 19e siècle (mais un peu moins sexy quand même).
Rosaline Leprince est très en avance sur son temps et elle compte bien se faire une place dans ce monde d'hommes. Faisant fi des convenances, elle se sert des inventions de son père pour se faciliter la vie, notamment de sa ceinture à plusieurs boucles qui lui permet d'attacher ses jupes pour faire du vélo. Journaliste dans un quotidien, elle est obligée de signer ses articles d'un pseudonyme masculin.
Ils se rencontrent au cours de l'enquête sur une série de meurtres perpétrés à Montmartre. Obligés de collaborer malgré leurs divergences, cela ne va pas sans heurts. Spencer est sans cesse outré des manières de Rosaline et celle-ci ne manque pas une occasion de le choquer. 
Rosaline est une héroïne comme je les aime: indépendante, intrépide, intelligente et ne se préoccupant pas du regard des autres. Je suis un peu moins fan de son addiction à la cigarette.
L'enquête est très prenante et le Paris de l'époque est très bien restitué. J'ai été surprise au départ par le côté paranormal de l'histoire qui cadrait mal avec le contexte historique mais finalement, j'ai été entraînée dans cette aventure inattendue. Il n'y a pas vraiment d'idylle entre Spencer et Rosaline mais peut-être dans les prochains tomes.
Mélange étonnant entre 007 et X-Files à l'époque de Jack l'éventreur, ce roman est une belle découverte. C'est mon préféré depuis le début de ce challenge et c'est avec plaisir que je lirai leur prochaine enquête, à Londres cette fois-ci.

vendredi 22 avril 2016

Avril:Vampires ou Loups-garous. Classique, bit lit, peu importe tant qu'ils ont des crocs.

Vampire, loup-garou? Loup-garou, vampire? J'ai ai déjà lu pas mal, dont les mondialement connus, et en général j'adore. Pour ce thème, j'ai choisi La malédiction du loup de Rhyannon Byrd, publié en 2014 pour la version originale, 2016 pour la traduction française chez Harlequin. Je suis tombée dessus par hasard quand je cherchais mon pirate et la couverture et le résumé m'ont bien tentée.


La rage au cœur, Sayre regarde Cian s'éloigner et sent ses yeux se remplir de larmes. Une fois encore, elle va devoir passer la nuit seule. Car, bien qu'il la protège jalousement et adopte une attitude menaçante envers tous ceux qui veulent l'approcher, Cian, le loup magnifique à qui elle est destinée, garde ses distances avec elle. Comme s'il craignait de la perdre à jamais en scellant leurs destinées. Comme si, en la prenant pour compagne, il risquait d'attirer sur elle la malédiction qui pèse depuis des siècles sur ses ancêtres d'Irlande...

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D'abord il faut savoir qu'il s'agit du 6e tome de la série La légende des Loups, mais ce n'est pas gênant car chaque tome parle d'un couple différent et on comprend vite les règles de la meute.
Cette fois-ci aucun problème avec le prologue, il se bien AVANT le début.
Face à face entre Sayre, jeune sorcière très en colère d'avoir été délaissée, et Cian, loup-garou sexy et viril mais qui cache un terrible secret. L'ambiance est électrique entre eux, le désir les consume mais Cian refuse obstinément d'y céder.
L'histoire est pas mal même si le mot malédiction laissait plus penser à autre chose, les personnages ont des caractères bien trempés et les scènes érotiques sont, disons, appétissantes. Cian a un côté Caliméro (je ne te mérite pas, tu mérites mieux) un peu agaçant mais sinon, on en ferait bien son quatre heures!
En résumé, j'ai passé un bon moment, même si la fin est un peu cucul la praline.

mardi 19 avril 2016

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

C'est mon premier livre audio et j'étais curieuse de découvrir ce format. Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire est un romain suédois de Jonas Jonasson, paru en 2009, 2011 pour la traduction française (Presses de la Cité), 2013 pour la version audio, lu par Philippe Résimont.


Alors que tous dans la maison de retraite s'apprêtent à fêter dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au cœur de l'histoire du XXe siècle. Car méfiez-vous des apparences! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d'un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, et avec l'aide du destin, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s'est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d'événements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao...

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Et bien, quelle histoire! On peut dire que la vie d'Allan Karlsson, en plus d'être exceptionnellement longue, est également loin d'être ennuyeuse. Il faut dire qu'il est plutôt en forme pour son âge. Sa fugue va le mener à la rencontre de personnages truculents, un délinquant à la retraite, un vendeur de hot-dogs très cultivé, une infirmière au vocabulaire très imagé... On suit ses aventures avec amusement à travers la Suède mais aussi à travers le siècle dernier, revisitant avec humour des événements pourtant tragiques. Les retournements sont nombreux, improbables mais toujours drôles et Allan toujours fidèle à lui-même, refusant toute discussion idéologique malgré ses illustres interlocuteurs.
C'est un roman distrayant, plein d'humour, mais avec un regard acéré sur l'Histoire du XXe siècle. Il se prête très bien au format audio, très pratique quand on a envie de lire mais qu'on doit faire tout un tas de choses passionnantes comme le repassage, la cuisine ou le ménage!

samedi 2 avril 2016

Mars: Highlanders. J'entends déjà les copines crier de joie!

Tout d'abord, je m'excuse pour deux choses: mon retard (de 2 jours mais quand même) et mon ignorance totale des romans Highlander. A part le film du même nom, cela ne m'évoquait rien et j'avoue que Christophe Lambert n'est pas ma tasse de thé. Je suis donc partie dans l'inconnu et pour cela j'ai choisi un roman basé sur une intrigue politique avec des personnages historiques ayant existé: Le seigneur de Lochraven de Shannon Drake, publié en 2007, 2009 pour la traduction française aux éditions Harlequin.


Ecosse et Angleterre, 1561. 
En rencontrant pour la première fois l'homme qu'on lui a assigné comme compagnon de voyage, lady Gwenyth MacLeod pressent que les jours à venir seront tumultueux... Favorite de la reine d'Ecosse Mary Stuart, elle est chargée par cette dernière d'une délicate mission : se rendre au palais de la reine Elisabeth d'Angleterre et convaincre la souveraine de ratifier son testament afin que Mary hérite de la Couronne anglaise. C'est pour l'aider à mener à bien les négociations que la reine lui impose la présence de l'un de ses fidèles chevaliers : lord Rowan Graham, seigneur de Lochraven, un homme aussi mystérieux et indomptable que les Highlands sauvages dont il est natif. Un homme marié dont, d'emblée, le charisme envoûte et menace Gwenyth...

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Bilan mitigé pour cette découverte.
Commençons par les points négatifs. D'abord, pourquoi ce prologue? Non seulement il dévoile un retournement de situation mais en plus il y a beaucoup trop de détails qui laissent peu de place au suspens dans cette romance. Et puis je n'aime pas connaître un événement à l'avance parce que je passe toute ma lecture à me dire "ah ça va être maintenant". Et pas du tout, ça arrive dans les 20 dernières pages!
Ensuite le personnage de Gwenyth. Si son courage et sa loyauté envers la reine sont indéfectibles, en revanche la subtilité ne fait pas partie de ses qualités. Elle est pourtant intelligente mais elle ne comprend juste pas quand il vaut mieux se taire. Et puis elle a la fâcheuse manie de toujours faire ce qu'on lui dit de ne surtout pas faire. Résultat: sans surprise, elle passe sont temps à s'attirer des ennuis et Rowan passe le sien à la tirer de ses mauvais pas. C'est un brin répétitif.
Passons aux points positifs. L'intrigue, basée sur des faits historiques, est bien travaillée, même si j'ai eu un peu de mal à suivre ces maudits écossais avec leurs noms à coucher dehors (et qui se ressemblent!) et qui retournent leur veste (ou plutôt leur kilt!) toutes les cinq minutes. J'ai beaucoup apprécié le passage à Londres avec la reine Elisabeth. Le personnage est haut en couleurs et très bien décrit.
Enfin, le personnage de Rowan m'a beaucoup plu. Sous ses dehors rugueux, il est intelligent, toujours droit dans ses bottes et sensible. Il saisi très bien les subtilités politiques et ne laisse rien au hasard, sans pour autant dévier de sa ligne de conduite. Mon seul regret est qu'il ne soit pas mieux décrit physiquement, j'ai eu du mal à me le représenter.
En résumé, je dirai que ce roman plaira aux fans du genre mais surtout, ne lisez pas le prologue!

mercredi 17 février 2016

Jamais assez maigre Journal d'un top model

Après avoir vu l'interview de Victoire Maçon Dauxerre, j'ai eu envie de lire son histoire, parue en 2016 aux éditions Les Arènes.



À 17 ANS, EN PLEINES RÉVISIONS DU BAC, Victoire fait du shopping à Paris, quand elle est repérée par un chasseur de mannequins. Engagée par l’agence Elite, elle mesure 1,78 m et pèse 56 kg. Trop grosse ! Ou pas assez maigre. Elle va perdre 9 kg en ne mangeant que trois pommes par jour, afin de répondre aux exigences tyranniques des maisons de couture.
EN SEPTEMBRE, ELLE ATTEINT LA TAILLE 32, sésame indispensable pour briller lors des castings, et participe avec succès à sa première fashion week à New York. Avec Milan et Paris, elle enchaîne vingt-deux défilés pour les plus grands créateurs : Céline, Alexander McQueen, Miu Miu, Vanessa Bruno... Elle entre dans le Top 20 des mannequins les plus demandés.
MAIS DERRIÈRE LA SOIE ET LES PAILLETTES, Victoire découvre un système inhumain : des adolescentes que l’on prend pour des femmes sont traitées comme des objets. La sélection est impitoyable et la maigreur devient une obsession. Elle est emportée dans la spirale de l’anorexie. Sept mois après ses débuts fracassants, elle fait une tentative de suicide et passe des podiums à l’hôpital.

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On se doute bien que la vie de mannequin est loin d'être rose et ce n'est pas la première fois que l'on parle de l'anorexie, malheureusement omniprésente dans ce milieu. Mais ce qu'on découvre dans ce livre, c'est la manière dont ces jeunes filles sont traitées, le mépris permanent des professionnels de la mode à l'égard de leurs faire-valoir interchangeables et remplaçables.
"Vous êtes merveilleuse, magnifique, formidable, vous allez devenir un super top model!" Mais dès que le contrat est signé, le discours et l'attitude changent. Entre son agent qui se goinfre devant elle mais qui l'engueule dès qu'elles mange autre chose qu'une pomme ou une feuille de salade, parce que hé ho faut pas déconner, faut rentrer dans les fringues, les directeurs de casting qui traitent les filles comme du bétail sans même leur adresser la parole alors qu'elles ont attendu des heures et les stylistes que ne créent que des vêtements taille 32, on se demande ce qui est le pire. Sans oublier les photographes qui les font poser dehors en sous-vêtements au mois de décembre, les buffets bas de gamme avec plats en sauce qu'on leur prévoit (quand on leur prévoit à manger!) tandis que les autres mangent du bio, les coiffeurs massacreurs de cheveux avec leurs produits toxiques et la compétition acharnée entre les filles.
Ces filles qui à forcent d'être maltraitées, malmenées, affamées, deviennent à leur tour maltraitantes avec les maquilleurs, les habilleuses, les chauffeurs de taxi...  Là où on leur fait miroiter une vie de star, elles ne trouvent finalement que du harcèlement moral poussé à son paroxysme et un silence assourdissant autour de l'anorexie.
Comment en est-on arrivé là? Qui déteste à ce point les femmes pour vouloir les faire disparaître en gommant tout ce qui les caractérise jusqu'à les faire ressembler à des cintres? Oui des cintres. Car quelle femme adulte en bonne santé porte du 32? Personne. Pas même ces chères clientes de la haute société qui achètent de la haute couture. Alors pourquoi créer des vêtements que personne ne pourra porter en l'état? Pourquoi demander à ces jeunes filles de maigrir à ce point pour après retoucher les photos et leur rajouter des rondeurs là où il en manque? Parce que sans ça, soyons honnête, elles ont l'air malade sur les photos. Et les filles malades, ça ne fait pas vendre.
Ce livre fait froid dans le dos. A mettre entre toutes les mains des adolescentes qui rêvent de devenir mannequin. En espérant que cela fasse bouger les choses.
Et messieurs dames les créateurs de mode, arrêtez de vouloir nous faire croire que la mode sublime les femmes. Les femmes n'ont pas besoin de cette mode-là pour être belles.

lundi 8 février 2016

D'après une histoire vraie

C'est le premier livre de Delphine de Vigan que je lis. Je n'avais jamais entendu parler de son précédent roman, un best-seller, et "Rien ne s'oppose à la nuit" m'évoque surtout Alain Bashung. J'avais regardé d'un œil distrait l'interview de l'auteur dans le magazine de la santé mais sans vraiment faire attention à ce qu'elle disait. Aussi est-ce sans a priori mais avec beaucoup de curiosité que j'ai commencé ce roman (paru en 2015 chez JC Lattès), offert par mon beau-père, chose curieuse car je n'ai pas souvenir d'avoir parlé de lecture avec lui et je n'ai aucune idée du genre de livres qu'il apprécie.


"Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu'un écrivain ne devrait jamais croiser."

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C'est donc l'histoire de Delphine, écrivain, la quarantaine, qui termine la promo de son dernier livre qui a eu un succès aussi retentissant qu'inattendu pour elle. Elle est physiquement et moralement épuisée, d'autant plus que son livre est très intime, autobiographique. Elle décide donc de faire une pause, notamment pour profiter de ses enfants qui partiront étudier loin à la rentrée prochaine, avant de se lancer dans l'écriture d'un nouveau roman, qui sera une fiction cette fois.
Elle fait alors la rencontre de L. L. est un peu tout ce que Delphine n'est pas. Elle est toujours impeccable, bien coiffée, bien maquillée, bien habillée. Toujours à l'aise en société, toujours de bonne humeur, toujours à l'écoute, elle a un don pour capter tout de suite ce qui ne va pas chez les autres. Elles ont aussi beaucoup de choses en commun, notamment l'écriture. L. est nègre, elle écrit la vie des autres en restant dans l'ombre. Elles deviennent très vite proches. L. lui pose alors des questions sur son prochain livre: que va-t-elle écrire après ça? Delphine lui parle de son projet mais elle doute. L. lui certifie qu'elle doit continuer dans la veine de son dernier livre, dans le vrai, qu'elle ne peut pas revenir à la fiction.
Delphine est déstabilisée, elle n'arrive pas à se remettre à écrire. Et les lettres anonymes odieuses, lui reprochant d'avoir fait beaucoup de mal autour d'elle avec son dernier livre, ajoutent à son désarroi. Pourtant elle n'en parle à personne, sauf à L., et se contente de donner le change. Heureusement, L. est là pour la rassurer et faire tout ce qui est en son pouvoir pour qu'elle soit dans de bonnes conditions pour écrire. Ecrire ce fameux livre encore plus intime. Mais L., lui veut-elle vraiment du bien?

Cette histoire est constamment entre deux eaux. La narratrice ressemble furieusement à l'auteur, pourtant c'est un roman. A-t-elle, elle aussi, rencontré quelqu'un comme L. après le succès fulgurant de son précédent livre? Ou bien a-t-elle tout inventé? Quelle est la part de réel? Quelle est la part de fiction? Et c'est là tout l'art de ce roman, laisser le lecteur essayer de démêler le vrai du faux, tout en assistant, impuissant à l'emprise grandissante de L. sur Delphine. On les voit, les petites manœuvres, toute en finesse, de L. On a envie de hurler à Delphine ce qui est en train de se passer. Mais Delphine est comme tout le monde, c'est quand on a les choses sous le nez qu'on les remarque le moins. Comment va-t-elle pouvoir sortir de cette situation? Va-t-elle seulement y arriver?
Finalement, est-ce bien important de savoir si c'est vrai ou non, du moment que l'histoire est bonne?

lundi 1 février 2016

Février: Cowboys et/ou Indiens. Pour les cowboys, ça peut être des temps modernes avec de belles santiags.

Pour ce thème, mon choix s'est porté sur Brokeback Mountain d'Annie Proulx, nouvelle parue en 1997 dans le New Yorker (2001 pour la traduction française dans le recueil Les Pieds dans la boue, éditions Payot, rééditée seule en 2006 chez Grasset).


Brokeback Mountain: un bout de terre sauvage, hors du temps, dans les plaines du Wyoming. Ennis del Mar et Jack Twist, cow-boys, nomades du désert américain, saisonniers des ranchs, n'ont pas vingt ans. Ils se croisent le temps d'un été. La rencontre est fulgurante. Ni le temps, ni l'espace, ni les non-dits, ni la société n'auront raison de cet amour - que seule brisera la mort.

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Alors, par où commencer? Par le film peut-être. Je l'ai vu plusieurs fois, j'ai adoré (et j'ai pleuré comme une madeleine). Aussi étais-je curieuse de découvrir le livre qui en était à l'origine. On est souvent déçu quand on se rend compte que certains passages d'un livre ont été escamotés dans le film ou à l'inverse heureux de découvrir des détails supplémentaires au long des pages. Tout dépend si l'on commence par le livre ou le film.
Ici la situation est tout autre puisqu'il s'agit d'une nouvelle. J'ai été surprise par la brièveté du récit., je l'ai lu d'une traite. Mais pourtant tout y est: ces deux jeunes hommes, pauvres, errant d'un job minable à un autre, coincés dans une vie formatée qui ne leur convient pas mais dont ils sont pourtant incapables de sortir. Et la vie n'est pas tendre avec eux, elle ne leur a pas fait de cadeau et ne leur en fera pas. Sauf peut-être cet amour qui les unit, seul point fixe dans leur quotidien misérable. On peut les aimer, les détester, leur reprocher les choix qu'ils ont faits ou au contraire ceux qu'ils n'ont pas faits, mais en tout cas, on ne peut pas rester indifférent. On souffre avec eux. J'ai souffert avec eux.
L'histoire a été étoffée dans le film, notamment du côté de Jack Twist, le récit initial se déroulant du point de vue d'Ennis. Le texte est rude, abrupt, sans chichis, presque sans émotion. J'avoue avoir préféré le film qui a su faire ressortir toutes ces émotions contenues, qui a sublimé cet amour secret, interdit mais si beau.
Mais peut-être la nouvelle est-elle à l'image de ses personnages: sobre, sans artifice, dans le vrai tout simplement.